Focus sur des projets aussi importants que rafraîchissants.
Ikaz Boi, Binks Beats, Freakey !, Meel B, Amine Farsi ou encore Unfamous Louie : depuis la seconde moitié des années 2010, une flopée de beatmakers proposent tour à tour des albums de haut vol réunissant la crème des rappeurs et rappeuses francophones.
Si ces sorties apparaissent comme des formats rafraîchissants au milieu des centaines de sorties du rap français, elles rappellent aussi à quel point la musique des producteurs est essentielle. En explorant les subtilités de la production, proposant des directions artistiques hors-pair et des collaborations artistiques inédites, les compositeurs qui présentent leur propre album s’affirment à la fois comme des artistes à part entière, et par la même occasion offrent aussi aux artistes un espace de liberté unique. Alors à l’occasion de la sortie du dernier projet de Binks Beatz, focus sur les mixtapes de producteurs et leur importance capitale dans le rap francophone.
Le 15 septembre dernier, un producteur derrière les instrumentales les plus tortueuses du rap français a officialisé son retour après plus de 3 ans d’inactivité en solo. Avec une nouvelle mixtape de haut vol, Binks Beatz a dévoilé l’étincelant Drip Music 2, et réunit sur ses instrumentales si caractéristiques des artistes en démonstration de talent permanent. Laylow, 1pliké140, 8ruki, Frenetik, Enima et tant d’autres ont su faire de ce projet une mixtape contemporaine fidèle aux codes du genre : une large dizaine de morceaux et une poignée d’artistes liés par le talent de leur génération, le tout, mené par un chef d’orchestre virtuose.
Cette volonté de proposer un tel format ne vient pas de nul part : grandement influencé par les mixtapes et compilations des années 90 qui ont forgé sa passion, Binks Beatz a choisi de proposer ses propres mixtapes en réunissant à son tour les rappeurs les plus marquants de son époque. Le résultat est sans appel : 15 morceaux, 15 bangers. Une réussite de plus pour le virtuose de FL Studio.
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Pourtant, fort d’un succès solide et d’une notoriété installée dans la production française depuis plus de 6 ans, le producteur aurait largement pu se contenter d’enchaîner les placements et de produire pour d’autres artistes comme il l’a longtemps fait avec brio. En collaborant avec 13 Block, Rim’k, Hamza, Kekra ou encore Lil Baby, le CV long comme le bras de Binks Beatz aurait pu se résumer à une production exclusivement destinée à d’autres artistes du rap français. Comme Junior à la Prod, Zeg P, Flem ou encore Heezy Lee, Binks Beatz se serait installé comme un acteur majeur de l’industrie musicale française, et aurait continué de faire résonner ses instrumentales aux quatre coins de la francophonie. Mais non. En parallèle de ses placements de haut vol, Binks Beatz a décidé de passer en 2019 un cap majeur de sa carrière en présentant son premier projet en solo : Drip Music.
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En condensant 39 minutes de batteries frénétiques, de mélodies caverneuses et de 808 puissantes et rebondies, le producteur présente dans son album une exploration complète de son univers ruisselant, et comme l’indique le titre évocateur Drip Music, explore au fil des 12 titres les sonorités d’une trap avant-gardiste qui lui est propre. Et c’est là le gros enjeu des mixtapes de beatmakers : en partageant des albums entièrement guidés par les productions d’un artiste à l’univers défini, ils permettent au public de découvrir l’univers des producteurs, de cerner leur identité artistique et de les considérer comme des artistes à part entière, à une époque ou le travail de producteur est certes bien plus reconnu que dans les années 2010, mais pâtit toujours d’un manque de reconnaissance certains.
En plus de permettre à leurs auteurs de matérialiser leur identité musicale, ces projets de beatmakers permettent aussi de proposer aux artistes invités un créneau de liberté exceptionnel. Prenons l’exemple de Meel B et de son très bon EP 4 titres S&S sorti à l’été 2021 : si l’on se penche sur Boogie, le morceau avec featuring avec La Fève, le fruit de leur collaboration donne naissance à une facette jusque là jamais entendue du rappeur. Sur une instrumentale aux accents groovy appuyés, aux percussions distordues et aux mélodies aériennes et dansantes, le rappeur étale un flow aussi entêtant que dansant sur une production en marge de celles qu’il a l’habitude de dompter, et propose ainsi à son public une nouvelle facette de sa musique.
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Même chose pour Ikaz Boi : avec sa série d’albums personnels, le producteur donne naissance à des collaborations inédites en réunissant sur le même track des artistes qui n’avaient auparavant jamais collaboré. Sur le premier opus de sa série Brutal, le morceau Ganja réunit Ateyaba et 13 Block dans une démonstration de talent spectaculaire, et dans son dernier Ep en date Paradise, le compositeur fait le pari fou de réunir sur un même morceau Laylow et la sulfureuse chanteuse Bonnie Banane dans un track vaporeux et tout à fait inédit.
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En permettant aux beatmakers de présenter leur identité musicale à un large public et en partageant des collaborations et morceaux inédits, les mixtapes des beatmakers jouent depuis quelques années un rôle majeur dans le rap français : elles permettent de ponctuer le flot de sorties de tracks rafraichissants, mais aussi et surtout, d’installer enfin les producteurs comme des artistes à part entière. Une chose reste certaine : ces mixtapes sont essentielles à la bonne santé du rap français, et pour les années à venir, espérons qu’elles ne cessent de proliférer dans notre cher rap français.
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