Tarmac
© Street Press
Né dans les concerts punk des années 70, le pogo est aujourd’hui omniprésent dans les concerts de rap. Super moment de liberté pour certains, fléau relou pour d’autres, le pogo divise. Street Press est revenu sur son histoire et son arrivée dans le rap game dans un documentaire diffusé sur Youtube.
Il n’y a pas besoin de savoir danser, il n’y a pas besoin d’être le plus beau, il n’y a pas besoin d’être le plus riche. Je pense que le pogo, ça ramène les gens dans une même classe sociale : des gens qui ont juste envie de faire la fête“. Voilà comment le rappeur marseillais Soso Maness parle du phénomène dans le documentaire de Street Press. Il aime tellement ça qu’il a même créé “L’hymne du pogo” qu’il interprète dans chacun de ses concerts pour inciter le public à se lancer dans cette “chorégraphie collective”.
C’est un exutoire, c’est le moment de lâcher prise, de faire le fou
Pour mieux comprendre le phénomène, le documentaire fait un bon dans le temps et revient aux origines du pogo. En 1975, c’est la déferlante du mouvement punk qui explose en Europe, mais aussi aux Etats-Unis et en Australie. La légende raconte que c’est Sid Vicious, icône du mouvement et membre des Sex Pistols, qui aurait inventé cette “danse” collective. “La danse qui correspond à ce monde-là, c’est une danse où on donne l’impression de faire n’importe quoi“, explique Luc Robène, présenté par Street Press comme chercheur en pogologie.
Le fait de se rentrer dedans et de sauter partout pendant les concerts finit par se généraliser à d’autres styles de musique. On se souvient notamment de l’époque des grunges et des gros pogos sur “Smell like teen spirit” de Nirvana.
Le rap, c’est le nouveau rock
Pour le rappeur A2H, ce sont les groupes de néo métal du début des années 2000 comme Limp Bizkit ou Linkin Park qui ont marqué le début de l’époque où les codes commencent à être brisés. On se souvient notamment du crossover entre Linkin Park et Jay-Z, les frontières entre les styles sont effectivement de moins en moins solides.
Dans les années 2010, alors que le rap nous a habitué à des tempos autour de 90 BPM et des concerts où personne ne bouge (si ce n’est la tête d’avant en arrière), la trap débarque et emporte tout sur son passage. Le tempo plus rapide (autour de 120/130 BPM) et les grosses 808 (basses) deviennent la norme.
On s’habitue alors à entendre des morceaux qui contiennent des drops, c’est-à-dire des moments hyper dynamiques qui suivent un moment calme. Un moment parfait pour déclencher un pogo… “Le drop de la 808, ça amène un truc tellement puissant, explique A2H. Ça a amené la même énergie qu’il y a dans le métal. C’est pour ça que les gens sont rentrés instinctivement dans le délire du pogo“.
Le son a changé, il est donc assez normal que les habitudes du public changent aussi. “Ce sont vraiment les cultures qui s’influencent les unes les autres“, dit Jean Jass.
Et puis il y a la petite compétition pour savoir qui a réellement amené la culture du pogo dans le rap français. Pour Mehdi Maizi, c’est le concert “Watch the Throne” de Jay-Z et Kanye West donné à Bercy qui est un moment charnière dans la culture du pogo en France. Le documentaire montre d’ailleurs des images de ce concert mythique, et il fallait être bien solide en étant dans la fosse.
Mais on peut aussi citer le collectif Xtrm Boyz (Di-Meh, Slimka et Makala) qui a fait du pogo sa marque de fabrique (ils sont extrêmes, il fallait s’y attendre). D’ailleurs quand on demande à Di-Meh comment le pogo est arrivé dans la scène rap française, il n’hésite pas : “C’est grâce aux Xtrem Boyz“.
Si t’as pas le physique, le cardio et la mentale, tu te fais graille par le pogo
Le docu se penche aussi sur les différents types de pogo (mosh pit, bravehaert, circle,…) mais aussi sur ces dangers. Notamment pour certaines filles qui racontent se faire monter dessus, certaines expliquent avoir peur de se retrouver dans un pogo (même si d’autres filles n’hésitent pas à se donner à fond dans les pogos).
Des jeunes festivaliers aux Ardentes expliquent aussi comment ils se sont blessés lors d’un pogo. Mais heureusement, les artistes interviewés expliquent ne pas avoir assisté à de gros drames.
Enfin, il y a ceux qui en ont marre des pogos. “Moi ça me saoule un peu les pogos, explique Mehdi Maizi qui raconte en avoir vu un sur “Rien d’special” de Nepal, un morceau assez calme et pas vraiment adapté aux pogos. Cette critique est d’ailleurs revenue pas mal, notamment sur Twitter où des internautes se plaignent des pogoteurs intempestifs qui se retrouvent dans les concerts. Est-ce que tout est pogotable ? C’est la question que le documentaire laisse en suspens. Et toi, t’en penses quoi ? On peut pogoter sur tout ?
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